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Imaginez un oiseau majestueux planeur dans le ciel. S'il perd l'usage de son aile droite, il tournoie et s'écrase. S'il perd son aile gauche, le résultat est le même. Dans notre vie spirituelle, notre cœur ressemble à cet oiseau, et pour avancer sereinement vers notre Créateur, nous avons un besoin vital de faire battre ensemble deux ailes indispensables : l'espoir ardemment recherché et la crainte salutaire.
C’est précisément ce que nous murmurons chaque matin à voix basse à travers l'invocation du Qunût :
L'art de l'équilibre spirituel
Pourquoi notre foi a-t-elle besoin de cet équilibre ?
- Si nous ne battons que de l'aile de l'espoir : Nous tombons dans l'excès de confiance spirituelle (al-amn min makr-i-Llâh). Nous nous disons que Dieu est infiniment Pardonneur, ce qui est vrai, mais nous finissons par négliger nos devoirs, persévérer dans nos erreurs et commettre des péchés sans aucun remords.
- Si nous ne battons que de l'aile de la crainte : Nous sombrons dans le désespoir et le sentiment d'indignité (al-qunût min rahmat-i-Llâh). À la moindre faute, nous avons l'impression que tout est perdu, que notre prière ne sera jamais acceptée, et nous finissons par abandonner le cheminement de la foi par lassitude.
Pour les grands maîtres de la spiritualité, la crainte et l'espoir correspondent à deux manières de contempler Dieu. La crainte naît de la méditation des Attributs de Majesté divine (Jalâl), tandis que l'espoir s'éveille par la contemplation de Ses Attributs de Beauté (Jamâl).
Le grand sage Ibn ‘Atâ'illâh a résumé cette posture avec une élégance rare dans son livre de sagesses (Al-Hikam) :
Mon Dieu, mon espoir ne s’estompe pas, même si je pèche, et ma crainte ne s’évapore pas même si je T’obéis
Le piège de l'auto-suffisance : pourquoi compter sur nos œuvres ?
Il existe un piège subtil qui guette l'étudiant ou le croyant pratiquant : penser que nos actions nous "garantissent" le salut. On jeûne, on prie la nuit, et on commence à nourrir une certitude secrète d'avoir mérité le Paradis.
La sagesse d'Ibn ‘Atâ'illâh nous met en garde dès ses premiers mots :
Parmi les signes du fait de compter sur les œuvres figure l’amenuisement de l’espoir en temps de difficulté
Qu'est-ce que cela signifie ? Si vous remarquez que votre espoir en la miséricorde de Dieu s'effondre dès que vous commettez un péché ou traversez une période de baisse de foi, c’est le signe révélateur que vous placiez votre confiance dans vos propres performances plutôt qu'en Dieu Seul.
Les véritables connaisseurs de Dieu (al-‘ârifûn) contemplent la réalité autrement. Ils savent que toute bonne action qu'ils accomplissent n'est pas un exploit personnel, mais une pure faveur divine. C'est Dieu qui leur a donné la santé, le temps et l'envie de L'adorer, en vertu du verset :
Dès lors, leur espoir ne grandit pas orgueilleusement lorsqu'ils font le bien, car ils n'attribuent aucun mérite à leur ego ; et leur espoir en la Miséricorde divine ne s'effondre pas s'ils font preuve de manquement, car ils savent que l'amour de Dieu est bien plus grand que leurs propres imperfections.
Pour nos jeunes. Ne laissez jamais vos erreurs passées vous faire croire que vous êtes "irrécupérables". Dieu ne vous demande pas d'être parfaits comme des robots, mais d'être sincères et humbles. Quand tout va bien, gardez les pieds sur terre (crainte de l'orgueil). Quand vous trébuchez, relevez-vous immédiatement avec un espoir immense en Celui qui efface tout.
Lire n’est pas étudier : une science se prend d’un enseignant, dans la durée. Voir le cursus.
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