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C’est un mot que nous prononçons des dizaines de fois par jour, souvent de manière machinale, presque comme un tic de langage. En croisant un ami, face à une situation surprenante ou après avoir commis une maladresse, le fameux « Astaghfiru-Llâh » sort tout seul de notre bouche. Mais s'est-on déjà arrêté sur ce que signifie réellement cette demande de pardon ?
Qu'est-ce qu'un véritable pardon ?
Dans l'aube naissante, le Qunût nous invite à déclarer :
L'étymologie du mot Istighfâr est riche d'enseignements. Demander le pardon à Dieu, ce n’est pas seulement Lui demander d'annuler une punition. C'est Lui demander de couvrir nos péchés, d'en effacer les traces spirituelles pour que personne n'en soit témoin, et de nous préserver de leurs conséquences dévastatrices sur notre cœur.
C’est une immense preuve d'amour divine : Dieu, par Sa clémence, déploie un voile pudique sur nos faiblesses intimes. Si la noirceur de nos mauvaises pensées ou de nos péchés secrets se lisait sur nos visages, la vie en société serait intenable.
Le piège du "repentir des menteurs"
Le danger guette pourtant notre routine. L'Istighfâr ne peut se réduire à une simple gymnastique des lèvres ou à une récitation automatique sans conscience. Les savants de la tradition nous rappellent fermement que demander pardon avec la langue tout en ayant l'intention ferme de recommencer le péché dès que l'occasion se présentera n'est pas un repentir.
Ils appellent cela, avec gravité : le repentir des menteurs (tawbat al-kâdhibîn).
Pour qu'un regret soit sincère, il doit s'accompagner d'une soumission du cœur et d'une résolution ferme de se détacher du péché (iqlâ’). C’est ce décalage criant entre nos paroles faciles et l'état réel de nos cœurs qui faisait dire à l'illustre sage Hasan al-Basrî :
Il voulait dire par là que notre façon distraite, insouciante, presque irrespectueuse de demander pardon à Dieu est elle-même un manquement qui nécessite que l'on s'en repente sincèrement.
Pour nos jeunes. Faire une erreur est humain, mais s'excuser sans le penser est une hypocrisie que personne n'accepte, pas même vos parents ou vos amis. Quand vous dites « Astaghfiru-Llâh », marquez une pause d'une seconde. Ressentez la chance que vous avez d'avoir un Seigneur accueillant et bienveillant, et faites l'effort concret de changer une petite habitude aujourd'hui même.
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